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5ème Dimanche de Pâques - P. Pichon

Dieu est un vigneron exigeant, qui veut que nous portions du fruit. Il veut pour sa vigne, pour nous tous unis au Christ, de la rentabilité, de la productivité ; ce n’est pas moi qui vous le dis, c’est le Christ qui nous le dit, avec vigueur : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève… » Et même attention, le Christ nous avertit : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme le sarment jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent… » Nous n’avons donc pas le choix : ou nous portons du fruit, ou nous serons jetés dehors et brûlés. Cet avertissement sévère de Jésus est fait pour nous faire réagir, pour nous faire prendre tous les moyens possibles pour porter du fruit ..........................

Retrouver le texte de l'homélie ICI

Homélie du 5e dimanche de Pâques 29 avril 2018
Jn 15, 1-8
1Jn 3, 18-24
           
 
            Dieu est un vigneron exigeant, qui veut que nous portions du fruit. Il veut pour sa vigne, pour nous tous unis au Christ, de la rentabilité, de la productivité ; ce n’est pas moi qui vous le dis, c’est le Christ qui nous le dit, avec vigueur : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève… » Et même attention, le Christ nous avertit : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme le sarment jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent… » Nous n’avons donc pas le choix : ou nous portons du fruit, ou nous serons jetés dehors et brûlés. Cet avertissement sévère de Jésus est fait pour nous faire réagir, pour nous faire prendre tous les moyens possibles pour porter du fruit. Quels sont ces moyens ?
            Jésus nous en propose quatre : faire ce qu’il faut pour porter du fruit ; accepter d’être taillé par Dieu ; demeurer dans le Christ ; nous renouveler sans cesse pour ne jamais nous dessécher.
 
1.      Pour porter du fruit, faisons ce qu’il faut, et les paroissiens réunis mardi soir, m’ont dit : « Faisons ce qui est bien, faisons le bien partout où nous vivons ; Faisons la volonté de Dieu, ce qu’on pense être la volonté de Dieu. Cherchons à être utiles. Faisons ce qu’on doit faire là on est. Faisons fructifier nos dons, nos talents. Cultivons en nous les dons de l’Esprit, avec son aide, et ces dons nous dit Paul c’est : « l’amour, la joie,la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, l’humilité, la foi et la maîtrise de soi. » Cherchons à être des saints, comme nous le rappelle le Pape François dans sa dernière exhortation apostolique : « Gaudete et esxultate… ».
Des paroissiens ont ajouté : « Prenons exemple sur les autres, sur ceux qui donnent le bon exemple. Osons-nous-mêmes témoigner… » Quelqu’un a même dit : « On porte du fruit quand on donne envie aux autres d’adhérer au Christ et quand on nourrit les autres… »
 
2.      Pour Porter du fruit, faisons tout ce qu’il faut pour que les fruits poussent et mûrissent, mais en même temps acceptons d’être taillés comme la vigne. Accepter d’être taillés, c’est enlever tout ce qui empêche les bons fruits d’apparaître et de se multiplier. On est taillé par Dieu qui nous fait comprendre dans notre conscience ce qui est mal et qu’il faut enlever de nos vies. On est taillé par les autres qui nous font comprendre ce qu’on doit changer dans notre vie. On est taillé par les évènements qui nous apprennent plus ou moins brutalement qu’il faut changer de cap, de comportement, de manière d’être.
Être taillé, nous tailler nous-mêmes, c’est faire mourir notre ego, notre moi égoïste, égocentrique, orgueilleux, c’est faire mourir le vieil homme en nous, c’est nous débarrasser de tout ce qui nous encombre. La taille est toujours douloureuse mais elle est nécessaire, elle est vitale : si on ne taille pas la vigne, elle ne produira rien. Pour être plus précis, plus concrets, faisons ce que Paul nous demande pour vraiment être bien taillés et bien productifs. Dans l’Épître aux Galates, avant d’énumérer les neuf fruits de l’Esprit dont je vous ai parlés tout à l’heure, au chapitre 5 à partir du verset 19, il énumère ce qu’il faut tailler en nous et dans nos communautés : « débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. » Dans l’Épître aux Éphésiens, il ajoute aux chapitres 4 et 5 : « Mettez fin à votre emportement… Que le voleur cesse de voler… Aucune mauvaise parole ne doit sortir de votre bouche… Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté… Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés… » Si on ne sait pas ce qu’il faut tailler en nous, lisons Saint Paul, il a plein de listes très concrètes à nous proposer comme celles que je viens de citer.
 
3.      Pour porter du fruit, faisons ce qu’il faut, acceptons d’être taillés, et surtout, surtout, demeurons dans le Christ pour que le Christ demeure en nous, habite en nous, agisse en nous pour nous transformer à son image. Le mot demeurer revient huit fois en quelques lignes et le mot moi : « Moi je suis la Vigne… demeurez en moi… » revient onze fois. C’est dire que pour porter du fruit il faut sans cesse nous centrer, nous recentrer sur le Christ, nous brancher, nous rebrancher sur lui, nous laisser habiter par sa Présence, nous mettre sans cesse en sa Présence par la prière, l’oraison, de bons moments de prière et d’oraison ; mais aussi il faut, en pleine activité, quand on est à fond dans notre travail, nos occupations, et toutes nos activités, il faut savoir nous arrêter, faire une pause, et nous remettre face au Christ un instant, une minute en lui disant : « c’est pour toi, c’est avec toi que je fais ce que je suis en train de faire. Aide-moi donc à le faire en ta Présence, en ressentant ta Présence, en étant habité par toi… Si je fais machinalement, mécaniquement les choses, ma vie est desséchée. Si je les fais en étant habité, en te laissant habiter tout ce que je fais, ça change tout, alors je porte du fruit… » Demeurons dans le Christ pour que le Christ demeure en nous, habite toute notre vie, pour que toute notre vie soit fructueuse c'est-à-dire spirituelle et non machinale, mécanique.
 
4.      Pour porter du fruit, faisons ce qu’on doit faire, acceptons d’être taillés, demeurons dans le Christ, et enfin renouvelons-nous sans cesse, ne laissons pas la vie, la routine, l’habitude, le train-train nous dessécher. Pour nous renouveler, échangeons avec les autres, ouvrons-nous à eux, à leurs idées, à leurs conseils, à leurs remarques, à leur exemple, acceptons leur aide, leur soutien… Mais aussi restons éveillés, faisons attention car il suffit de peu de chose pour qu’on dérape : « Soyez sobres, soyez vigilants », demande Saint Pierre, « le démon comme un lion qui rugit, va et vient à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi ! » P 5, 8-9a. Enfin pour nous renouveler, pour que la sève de l’Esprit nous régénère sans cesse, donnons-nous de nouvelles motivations, de nouveaux buts, de nouveaux challenges même, ça nous fait repartir pour porter de nouveaux fruits.
 
Et bien sûr, ce sera pour moi le mot de la fin, pour porter du fruit, restons humbles et confiants : ne croyons pas que les fruits dépendent de nous, de nos efforts, de notre volonté. Bien sûr si nous ne travaillons pas sur nous-mêmes nous resterons en friches comme une vigne abandonnée. Dans la Bible Dieu se plaint souvent de voir son Peuple ressemblé à une vigne en friches. Travaillons donc spirituellement sur nous-mêmes mais reconnaissons humblement que les résultats de notre travail dépendent de Dieu plus que de nous. De même que le vigneron a besoin des grâces de la nature, d’un temps favorable pour que son travail soit fructueux, de même nous avons besoin de la grâce de Dieu et de son Esprit pour que notre travail spirituel sur nous-mêmes porte tous les fruits espérés. Pour être une vigne fructueuse qui plaît à Dieu le vigneron, demeurons dans le Christ humblement en faisant confiance au travail de son Esprit en nous.
Amen
Père René Pichon