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25ème Dimanche du Temps Ordinaire - P. Pichon

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » : «Je suis bon » : c’est ce mot de « bon » que je retiens de l’Évangile de ce dimanche et je voudrais méditer avec vous sur les mille manières d’être bon ! En effet tout au long de l’Évangile Jésus nous parle du bon pasteur, du bon Samaritain, du bon serviteur, du bon larron, du bon grain, de la bonne terre, du bon arbre qui porte de bons fruits, du bon vin de Cana et le jeune homme riche l’appelle « Bon Maître » alors que « seul Dieu est bon » comme lui répond Jésus. Dans chacune de ces expressions, le mot bon a un sens différent : comment vivre toutes ces manières d’être « bon » pour être un bon chrétien ?

► « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Le maître du domaine est bon parce qu’il donne aux ouvriers de la dernière heure autant qu’aux premiers, donc plus que ce qu’ils méritent et c’est ça être bon. Être juste c’est donner aux autres .....

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    Homélie du dimanche 24 Septembre 2017
25ème dimanche du T.O.
Mt 20, 1-16
 
            « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » : «Je suis bon » : c’est ce mot de « bon » que je retiens de l’Évangile de ce dimanche et je voudrais méditer avec vous sur les mille manières d’être bon ! En effet tout au long de l’Évangile Jésus nous parle du bon pasteur, du bon Samaritain, du bon serviteur, du bon larron, du bon grain, de la bonne terre, du bon arbre qui porte de bons fruits, du bon vin de Cana et le jeune homme riche l’appelle « Bon Maître » alors que « seul Dieu est bon » comme lui répond Jésus. Dans chacune de ces expressions, le mot bon a un sens différent : comment vivre toutes ces manières d’être « bon » pour être un bon chrétien ?
 
         « Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » Le maître du domaine est bon parce qu’il donne aux ouvriers de la dernière heure autant qu’aux premiers, donc plus que ce qu’ils méritent et c’est ça être bon. Être juste c’est donner aux autres ce qu’ils méritent, le maître du domaine est juste envers les ouvriers de la 1ère heure en leur donnant ce qui leur était promis mais il est bon envers les derniers en leur donnant bien plus que ce qu’ils méritent.
Être bon c’est donc faire preuve de bonté en donnant aux autres plus que ce qu’ils méritentet nous sommes dans une société où on a bien besoin de bonté car c’est souvent la loi du donnant-donnant qui fonctionne ou même la loi de l’injustice où l’on donne aux gens moins que ce qu’ils méritent et bien moins que ce qu’on leur doit.
         « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. »
Pour Jésus être le bon pasteur, c’est être le « vrai » pasteur, celui qui mérite cette identité, parce qu’il n’exerce pas ce métier comme un mercenaire ou un fonctionnaire qui reste extérieur à son troupeau et à ce qu’il fait. Le bon pasteur s’identifie à son troupeau et à ce qu’il fait pour lui ; il est pasteur à l’intérieur de lui-même, dans son être profond. Être un bon chrétien, c’est être chrétien non de l’extérieur mais de l’intérieur. C’est ne pas nous contenter de quelques actes de pratique chrétienne mais c’est être transformé de l’intérieur par le Christ au point de dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »
Et en même temps Jésus précise que le bon pasteur « donne sa vie pour ses brebis », donc être bon c’est donner, donner beaucoup, être vraiment généreux et c’est même donner plus que beaucoup, c’est donner tout, c’est donner sa vie, se sacrifier par amour pour les autres. Être bon ce n’est donc pas seulement comme le maître du domaine donner aux autres plus que ce qu’ils méritent, c’est leur donner tout, leur donner notre vie, nous donner totalement à eux. La bonté peut donc aller, doit donc aller jusqu’au sacrifice de soi par amour des autres !
         Dans la parabole du bon Samaritain, Jésus interroge le docteur de la loi qui voulait le mettre dans l’embarras : « lequel des trois, du prêtre, du lévite, ou du Samaritain, a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ? » Et le docteur de la loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » La bonté du bon Samaritain, c’est quoi ? Eh bien, c’est la pitié, la compassion pour le blessé, c’est le dérangement qu’il accepte alors qu’il est en voyage, ce sont les soins qu’il donne, c’est la prise en charge du blessé, c’est en un mot la charité active qu’il manifeste. Être bon, c’est être charitable, c'est-à-dire aimer avec des sentiments au cœur et des actes de la volonté, des sentiments de pitié, de compassion, de solidarité, des actes de soins et de prise en charge affective et effective. Chez le Samaritain et donc chez chacun de nous la bonté se fait, doit se faire charité et la charité va parfois plus loin que la bonté car on peut être bon envers les autres, leur donner plus que ce qu’ils méritent comme le maître du domaine mais sans pour autant les aimer, leur montrer des sentiments et des actes.
         « Très bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai de plus grandes. » dit le maître à ses deux serviteurs qui ont fait fructifier leurs talents. Par contre il dit au serviteur qui a enterré son unique talent : « Serviteur mauvais et paresseux… bon à rien. » Dans la parabole des talents, le mot bon veut donc dire travailleur, bon travailleur, le contraire de fainéant, bon à rien.
Être un bon chrétien, ça veut donc dire être un chrétien travailleur, qui travaille pour l’Évangile et le Royaume, qui s’engage en étant un bon ouvrier de la Moisson mais aussi qui fait un gros travail sur lui, qui fait de gros efforts de vie pour vivre les valeurs de l’Évangile, les mettre en pratique dans toute sa vie !
         « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis », c’est ce que promet Jésus à celui qu’on appelle le bon larron. Ce brigand crucifié reconnaît que lui mérite sa condamnation mais qu’elle est injuste pour Jésus. « Pour nous, c’est juste après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, Jésus, il n’a rien fait de mal ! » Le bon larron est bon parce qu’il a le sens de la justice, parce qu’il défend les victimes de l’injustice comme Jésus, parce qu’il a en un mot un bon fond malgré ses actes mauvais qui l’ont conduit à la condamnation. Être bon, c’est donc avoir un bon fond, c’est être fondamentalement bon même si en apparence, sur le plan extérieur des actes visibles, on peut avoir fauté. D’ailleurs Jésus répète souvent : « Je ne suis venu pour les justes mais pour les pécheurs. » Alors même si nous ne sommes pas à nos propres yeux ou aux yeux des autres de bons chrétiens, des chrétiens qui extérieurement sont sans reproche, essayons d’être des chrétiens qui ont un bon fond, qui fondamentalement aiment le Christ et veulent vivre de sa vie Soyons des chrétiens vrais, authentiques, qui veulent progresser même si c’est avec des hauts et des bas, et le Christ nous sauvera, nous emmènera avec lui au Paradis !
         « Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or pendant que les gens dormaient son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. » En nous racontant la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus nous révèle que le bon grain c’est le grain de bonne qualité et en même temps c’est le grain qui accepte que l’ivraie pousse avec lui, le grain tolérant qui n’est pas sectaire et exclusif. Être bon comme le bon grain, être un bon chrétien de bonne qualité, qui a, qui vit toutes les qualités de Jésus lui-même, qui essaie de ressembler à Jésus le plus possible et qui en même temps accepte, tolère que les autres autour de lui vivent autrement. Être bon comme le bon grain c’est donc allier la qualité personnelle à l’ouverture sur les autres quels qu’ils soient.
         « Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante ou trente pour un ! » La bonne terre c’est la terre labourée, bien travaillée, creusée en profondeur, débarrassée de ses cailloux, de ses épines, de ses ronces, de toutes ses mauvaises herbes. Être bon comme la bonne terre, c’est donc accepter de se laisser labourer, travailler en profondeur par Dieu, et son Esprit Saint, c’est lutter contre toutes les tentations, se purifier sans cesse de l’égoïsme, de l’orgueil, de la méchanceté, du pessimisme, du doute, de toues les racines du mal. Être un bon chrétien, c’est donc être comme de la bonne eau, de l’eau pure, c’est se purifier sans cesse de toutes les formes du mal pour laisser transparaître le bien en nous et dans toute notre vie.
         « Jamais un bon arbre ne donne des mauvais fruits ; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits ! » En nous invitant à être de bons arbres qui produisent de bons fruits, Jésus nous invite à être de bons chrétiens, des chrétiens productifs, féconds, fructueux, et non secs et stériles ; il nous invite à être des chrétiens qui produisent tous les fruits de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, l’humilité, la foi et la maîtrise de soi. Être un bon chrétien, c’est tout le contraire d’un chrétien médiocre, c’est chercher à être un saint, c’est marcher sur le chemin de la sainteté.
         « Toi tu as gardé le bon vin jusqu’à la fin. » dit le maître du repas au marié de Cana pour le féliciter d’avoir un vin au si bon goût. Le bon vin représente la vie que Jésus vient nous apporter : il vient changer notre vie humaine bien fade en vie divine qui a le bon goût de l’amour. Être un bon chrétien c’est être un chrétien qui donne du goût à sa vie et à la vie des autres en mettant partout de l’amour. Pour être du bon vin pour les autres, mettons de l’amour partout où nous sommes !
         « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » demande le jeune homme riche à Jésus. Et Jésus lui répond : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul ! » Le Bon Maître, c’est le Maître compétent, capable, à la hauteur de ses responsabilités et de sa mission ; le bon maître, c’est comme le bon professeur, le bon médecin, le bon artisan… Être un bon chrétien, c’est donc être un chrétien compétent, capable, à la hauteur de ses responsabilités et de sa mission, c’est donc être formé et en plus avoir du charisme, ce plus qui vient de Dieu, de sa grâce…
         Nous voyons bien que le mot bon a mille sens puisqu’il signifie la bonté, la générosité, la vérité, le don de soi, la charité, le travail, le fond de soi, la qualité de soi, l’ouverture sur les autres, la purification de soi, la fécondité spirituelle, le goût de l’amour et j’en passe…
Voilà pourquoi « Dieu seul est bon » parce que Dieu seul peut vivre tout cela à la perfection. Dieu n’est donc pas seulement le Bon Dieu, le Dieu gentil, mais le Dieu Parfait qui a toutes les qualités possibles et imaginables. Soyons les témoins de ce Dieu si Bon en essayant d’être de bons chrétiens sans illusions mais vraiment désireux d’être un peu le visage du Bon Dieu ! Amen
Père René Pichon