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22ème Dimanche du Temps Ordinaire - P. Pichon

Quel contraste entre l’Évangile d’aujourd’hui et celui de dimanche dernier ! Dimanche dernier Jésus louait la foi de Pierre au point de lui dire : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ! » Et aujourd’hui, catastrophe, Pierre est mis plus bas que terre en étant traité par Jésus de Satan, rien que ça : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
Ainsi en est-il tout au long de l’Évangile : Pierre navigue constamment entre le meilleur et le pire, tantôt tout en haut, près de Dieu, tantôt tout en bas, près de Satan. Et c’est pourtant lui la base de l’Église, le roc, le rocher sur lequel l’Église est construite parce que c’est un homme vrai, ...........

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Homélie du dimanche 3 Septembre 2017
Mt 16, 16, 21-27
Rm12, 1-2
 
            Quel contraste entre l’Évangile d’aujourd’hui et celui de dimanche dernier ! Dimanche dernier Jésus louait la foi de Pierre au point de lui dire : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ! »  Et aujourd’hui, catastrophe, Pierre est mis plus bas que terre en étant traité par Jésus de Satan, rien que ça : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
            Ainsi en est-il tout au long de l’Évangile : Pierre navigue constamment entre le meilleur et le pire, tantôt tout en haut, près de Dieu, tantôt tout en bas, près de Satan. Et c’est pourtant lui la base de l’Église, le roc, le rocher sur lequel l’Église est construite parce que c’est un homme vrai, spontané ; il laisse spontanément sortir de lui le meilleur et le pire autrement dit sa vérité profonde qu’elle soit bonne ou mauvaise. Il ne calcule pas pour chercher à paraître meilleur qu’il n’est, il cherche à être, à montrer ce qu’il est et non à paraître autre qu’il n’est ! Jésus veut construire son Église sur la vérité de notre être et non sur l’hypocrisie de notre paraître, cherchons donc à être vrais comme Pierre et pour être vais à être spontanés, naturels, sans calcul.
 
ü Quand Jésus appelle Pierre au bord du Tibériade, Pierre n’hésite pas un instant, il ne discute pas, il ne cherche pas à vérifier que celui qui l’appelle est bien le Messie attendu, il ne laisse pas parler sa raison qui calcule et vérifie, il laisse parler son  cœur, l’intuition de son cœur qui ne calcule pas et ne cherche pas de preuves : quittant tout, il se met à suivre Jésus et ne le quittera jamais même si avec des hauts et des bas.
Pour être vrais dans la foi, laissons parler notre cœur  plus que notre tête, suivons les intuitions de notre cœur plus que le raisonnement de notre tête et soyons plus spontanés pour nous laisser porter par les élans de notre cœur, les élans de l’Esprit en nous, les « motions » de l’Esprit comme le disent les Jésuites. La foi, c’est la vérité et la spontanéité du cœur.
 
ü Quand Jésus invite Pierre, Jacques et Jean à monter avec lui sur la montagne du Thabor, Pierre spontanément le suit sans hésiter ; et quand il est transfiguré devant eux, alors Pierre là encore spontanément laisse parler son cœur ou plutôt son âme, le plus profond de son cœur : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici, dressons trois tentes… » Voilà la vérité profonde qui jaillit du cœur, de l’âme de Pierre : la foi, c’est du bonheur, un bonheur inouï, un bonheur incomparable aux bonheurs humains, c’est le bonheur d’être en Présence de Dieu, de goûter la présence de Dieu, le bonheur de se remplir de Dieu pour mieux affronter les difficultés de la vie humaine. Comme Pierre, quand Dieu se donne à nous dans des moments de Grâce, quand le Christ se fait Présence intense, Présence d’Amour, de Paix, de Joie au plus intime de nous-mêmes, goûtons le plus possible ces moments de grâce, ne cherchons pas à vérifier : « Est-ce bien Dieu ? N’est-ce pas l’illusion, de l’autosuggestion… », ne soyons pas raisonneurs ni calculateurs mais restons vrais et spontanés et disons comme l’Apôtre : « Qu’il fait bon être ici, qu’il est heureux d’être en ta Présence, Seigneur… ! » La Foi, c’est le bonheur du cœur et la joie profonde de l’âme !
 
ü Quand Jésus nous parle comme à Pierre de sa passion, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection, quand il nous invite comme les disciples à prendre notre croix, à renoncer à nous-mêmes et à le suivre, quand il nous invite à mourir à nous-mêmes, à perdre notre vie pour lui, ne jouons pas aux petits saints, aux chrétiens parfaits qui s’identifient sans problèmes à Jésus ! Au contraire, comme Pierre, restons humains, laissons parler notre humanité et spontanément, avec toute notre vérité humaine commençons par dire au Christ : « Dieu t’en garde, Seigneur cela te t’arrivera pas ! Ce n’est pas possible ! C’est trop dur ce que tu veux faire et ce tu me demandes. C’est trop dur de souffrir, de porter la Croix, toutes les Croix qui nous tombent dessus. Toi qui es tout-puissant et tout amour, viens me délivrer de mes souffrances, de mes croix, viens me sauver et non pas me rajouter encore des Croix pour mieux te suive, j’en ai assez comme ça !... » Oui pour progresser dans la Foi, restons humains, restons vrais et spontanés en acceptant dans un premier temps de reconnaître que la Croix, ce n’est pas facile, c’est contraire à nos désirs, à notre nature, c’est contraire à nos idées de Dieu Tout-Puissant, et tout Amour, c’est contraire à nos pensées humaines !
Pour progresser dans la Foi, restons vrais comme Pierre en n’acceptant que ce qu’on peut accepter, en entrant progressivement dans le mystère de la Passion et de la Croix. Pour progresser dans la Foi, avançons à notre rythme à la suite du Christ, ne jouons pas aux petits saints, restons vrais, restons nous-mêmes comme Pierre est resté lui-même au risque d’être traité de Satan, ce qui ne l’a pas empêché de vivre lui-même  mais beaucoup plus tard la Passion et la Croix du Christ en mourant martyr !
La Foi c’est une entrée progressive dans le mystère de la Passion de la Croix,  de la mort et de la Résurrection.
 
ü Quand Jésus nous pose la question de confiance : « Voulez-vous partir vous aussi ? » Soyons comme Pierre après la multiplication des pains et le discours de Jésus sur le pain de vie : alors que tout le monde s’en va en traitant Jésus de fou puisqu’il veut donner sa chair à manger, Pierre spontanément, sans hésiter, laisse jaillir la vérité de son cœur, laisser parler sa foi, sa confiance totale : « Seigneur à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ! »
Pour progresser dans la Foi, ne nous laissons pas influencer par les autres, par tous ceux qui partent en disant : « La Foi, c’st absurde, c’est irrationnel, c’est des bêtises, c’est ringard, c’est dépassé, c’est de l’illusion… », N’écoutons pas toutes ces critiques, écoutons la vérité de notre cœur, notre amour vrai et sincère du Christ, notre attachement à lui et disons comme Pierre : « Seigneur à qui irions-nous ? Tu es la Vérité, le Chemin, la Vie, le sens de la vie, de notre vie. Sans toi, la vie n’est plus rien ! » Oui, plus autour de nous les gens prennent leur distance par rapport à la foi, plus nous devons dire au Christ notre attachement à lui, et plus nous devons remettre notre vie entre ses mains ! La Foi, c’est la confiance totale au Christ, l’abandon total de nous-mêmes entre ses mains !
 
ü Quand Jésus entre sa Passion, quand aujourd’hui il est rejeté, ridiculisé, condamné pour tous ceux qui ne veulent plus entendre parler de lui, quand face à cette situation on a du mal à se dire chrétiens, quand on a même l’envie de dire comme Pierre au cœur de la Passion : « Non je ne suis pas des siens, non je ne connais pas cet homme », soyons comme Pierre après son reniement, restons vrais et spontanés : laissons parler notre conscience, notre remords, notre honte même et « pleurons amèrement », comme le dit Luc à propos de l’Apôtre. Oui quand nous ne sommes plus fiers d’être chrétiens, quand nous perdons le courage de l’être ouvertement, osons dire notre tristesse, nos regrets, notre repentir, osons confesser notre péché et notre désir de repartir plus forts qu’avant avec la Grâce de Dieu sur le chemin de la foi. Car la Foi n’est pas un long fleuve tranquille mais un long et dur chemin avec des hauts et des bas, des avancées et des reculs… et toujours l’aide du Seigneur pour nous faire aller plus loin.
 
ü Enfin quand Jésus ressuscité vivant aujourd’hui nous pose la question cruciale posée à Pierre après son reniement : « M’aimes-tu ? M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Est-ce que tu m’aimes vraiment. » Alors là sans hésiter, avec encore plus de spontanéité que d’habitude, c'est-à-dire avec plus d’amour que d’habitude, avec plus d’élan dans le cœur, répondons comme Pierre à Jésus sans hésiter, sans calculer, sans même penser à nos reniements, à nos faiblesses, à nos limites : « Oui Seigneur, je t’aime, tu le sais … Oui Seigneur, je t’aime, tu le sais… ! Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ! » En faisant cette triple réponse magnifique, Pierre ne laisse pas seulement jaillir la vérité de son cœur rempli d’amour pour le Christ, il dit surtout que le Christ « sait » mieux que lui, connaît mieux que lui cette vérité Pierre reste donc jusqu’au bout un homme vrai, un croyant vrai, tellement que le Christ reconnaît cette vérité et aime cette vérité que nous devons vivre nous-mêmes. La Foi c’est donc un amour vrai du Christ.
 
Pour progresser dans cette Foi au Christ, cette foi-élan du cœur, cette foi joyeuse, confiante, aimante, et parfois crucifiante, comme Pierre, restons toujours nous-mêmes, restons vrais, acceptons les hauts et les bas, les avancées et les reculs, avançons à notre rythme sûrs que le Seigneur nous conduira là où il veut nous emmener car il nous dit comme à l’Apôtre : « Amen, Amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller ! » La vraie Foi, c’est rester nous-mêmes en nous laissant comme Pierre emmener par le Seigneur là où il veut nous faire aller ! Amen !
 
Père René Pichon