Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

17ème Dimanche du Temps Ordinaire - P. Pichon

Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai !... Demande-moi ce que je dois te donner ! » Ce n’est pas moi qui vous dis cela à chacun de vous mais Dieu, oui Dieu aujourd’hui vous promet de vous donner ce que vous voulez, alors que demandez-vous ?
Certainement la santé, parce que quand on n’a pas la santé on ne peut rien faire. Certainement la réussite de vos projets qui vous tiennent le plus à cœur, surtout si ce sont des projets utiles ....

Retrouver le texte de l'homélie ICI

 Homélie du dimanche 30 Juillet 2017
1 R 3, 5.7-12
 
            « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai !...  Demande-moi ce que je dois te donner ! » Ce n’est pas moi qui vous dis cela à chacun de vous mais Dieu, oui Dieu aujourd’hui vous promet de vous donner ce que vous voulez, alors que demandez-vous ?
            Certainement la santé, parce que quand on n’a pas la santé on ne peut rien faire. Certainement la réussite de vos projets qui vous tiennent le plus à cœur, surtout si ce sont des projets utiles et généreux. Certainement la protection et l’aide pour vos proches, ceux que vous portez régulièrement dans vos prières. Certainement, en tout cas je l’espère, plus de Foi, plus de conviction dans votre foi et une vie spirituelle, une vie intérieure plus riche de toutes les valeurs évangéliques et plus remplie de la Présence de Dieu. Alors, oui, demandez à Dieu ce que vous voulez, et vous verrez !...
            Quant à Salomon à qui Dieu fait cette proposition étonnante, il fait une demande tout aussi étonnante, tellement étonnante qu’elle étonne Dieu lui-même. Il ne lui demande pas « de longs jours, ni la richesse, ni la mort de ses ennemis », c'est-à-dire la domination parfaite sur tout le monde, non Salomon fait cette prière magnifique : « Seigneur mon Dieu, toi qui m’as fait roi, moi ton serviteur… je suis un tout jeune homme ne sachant comment se comporter et me voilà au milieu du peuple que tu as élu… Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ! »
            Voilà les trois demandes de Salomon : l’attention, le discernement et le gouvernement.
            Cette demande plaît tellement à Dieu qu’il lui répond : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de long jours ni la richesse, ni la mort de tes ennemis mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi… »
            Eh bien aujourd’hui demandons à Dieu pour nous-mêmes ce qu’il accorde à Salomon un cœur attentif, intelligent et sage car c’est ça le vrai trésor, le seul vrai trésor qu’il nous faut chercher ici-bas, c’est ça la perle précieuse qu’on doit trouver ici-bas pour être comblé du bonheur de Dieu.
 
·         Demandons à Dieu un cœur attentif, très attentif, concentré même, un cœur qui vit une triple attention : attention aux autres, attention à tout ce qui se passe à l’extérieur de nous et attention à tout ce qui se passe à l’intérieur de nous.
Faisons attention aux autres, à ce qu’ils sont, à ce dont ils ont besoin. Montrons-leur qu’on s’intéresse à eux qu’ils sont importants pour nous, qu’ils existent pour nous. Cherchons à savoir de quoi ils ont besoin : d’une parole, d’un dialogue, d’un encouragement, d’un sourire, d’une aide, d’une présence gratuite. Plus nous ferons attention aux autres, plus notre cœur s’ouvrira, plus il respirera le bon air de l’amour et de l’amitié.
Faisons attention à ce qui se passe à l’extérieur de nous, à la nature si belle à contempler, et surtout à tout ce que nous faisons. Mobilisons notre esprit et notre cœur pour être pleinement dans tout ce que nous faisons, pour nous impliquer totalement dans ce que nous faisons. Si nous faisons tout la tête en l’air, en étant distrait, en étant ailleurs que là où nous devons être ou si nous faisons tout à la va-vite, machinalement, on « à la dégoûté » comme l’on dit, en rouspétant, ou à contrecœur en traînant les pieds, rien ne sera intéressant et toute notre vie deviendra vide et pesante. Faisons attention, pleinement attention à tout ce que nous faisons pour y trouver de l’intérêt, pour voir en quoi c’est bien, beau, bon, pour finalement tout faire avec amour et alors notre cœur ainsi attentif sera comblé. Un cœur attentif c’est un cœur rempli d ‘amour pour tout ce qu’il fait.
Faisons attention aussi bien sûr à tout ce qui se passe à l’intérieur de nous, à tout ce que l’on ressent au plus profond de notre cœur, dans notre âme. Si notre âme est vide, si elle ne ressent rien, ou si elle ressent de la tristesse, de l’amertume, du pessimisme, du vague à l’âme, du mal-être, alors on aura beau tout avoir, argent, richesse, pouvoir, succès, nous serons les plus malheureux des êtres humains. Par contre si elle est remplie de paix, de sérénité, de joie, d’amour, de confiance, d’espérance, à plus forte raison si elle se sent habitée, remplie de la Présence intime de Dieu, alors nous aurons trouvé le trésor de la vie et rien ne pourra nous combler autant. Faisons donc attention à tout ce qui se passe à l’intérieur de nous pour chasser tout ce qui est négatif et nous remplir de tout ce qui est positif afin que notre cœur soit comblé de bien-être spirituel.
 
·         Demandons à Dieu ce cœur attentif aux autres, à notre vie extérieure, à notre vie intérieure, et demandons-lui un cœur intelligent, c'est-à-dire un cœur capable de discerner la vérité et l’erreur, le bien et le mal, capable de savoir ce qu’il faut penser, ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire ; Tant qu’on ne sait pas où est le vrai et le faux, le bien et le mal, tant qu’on n’est pas capable de discerner pour faire les bons choix on avance en aveugle dans la vie et on risque d’aller droit dans le mur ou de tomber dans le précipice. Pour bien discerner, il faut réfléchir beaucoup, peser le pour et le contre ; il faut aussi se faire éclairer par les conseils des autres et par la lumière de la Parole de Dieu en nous demandant sans cesse si nos choix vont dans le sens de l’Évangile ou non. Et il faut surtout se laisser éclairer par l’Esprit-Saint, cette Lumière de Dieu à l’intérieur de nous qui nous fait ressentir que tel choix envisagé nous rapproche de Dieu ou au contraire nous en éloigne. Si en prenant tel chemin on sent qu’on s’éloigne de Dieu, c’est un mauvais choix. Si au contraire en prenant tel autre chemin opposé on sent que notre cœur s’ouvre à Dieu, ressent de plus en plus sa Présence, sa Proximité, son Souffle, alors c’est bon on peut avancer le cœur léger.
 
·         Demandons à Dieu un cœur attentif, un cœur intelligent et enfin un cœur sage, un cœur capable de gouverner sereinement et bien notre propre vie et celle des autres. Un cœur sage, c’est cela : c’est l’art de bien mener sa vie, de faire dans la vie ce qu’il faut pour donner toujours et partout le meilleur de nous-mêmes. Quand on dit de quelqu’un « lui c’est un sage », on veut dire qu’on l’admire, que c’est un exemple, qu’il sait bien mener sa vie et cela calmement, posément, sans excès, qu’il en fait ni trop ni trop peu pour donner ce qu’il a à donner ; Mais un cœur sage c’est aussi et surtout un cœur qui pense aux autres plus qu’à lui-même et qui aide les autres, surtout ceux dont il a la charge, à mener une vie paisible, sereine, généreuse, ouverte, une vie où chacun est à sa place et donne là où il est le meilleur de lui-même. C’est certainement ce que demande par-dessus tout Salomon : il a la charge « d’un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. » Pour lui, gouverner ce peuple, ce n’est pas le dominer, encore moins le mettre à ses pieds, encore moins l’entraîner dans des guerres sanglantes pour dominer le monde entier… Non, pour Salomon, gouverner le Peuple de Dieu, c’est le conduire avec sagesse en veillant à ce que chacun soit à sa place et à ce que chacun là où il est donne le meilleur de lui-même pour son bonheur et le bonheur de tous. Puisse Dieu nous donner ce cœur sage pour nous aider à faire donner le meilleur d’eux-mêmes à tous ceux dont on a la charge dans nos responsabilités familiales, professionnelles, associatives, sociales ou religieuses.
 
« Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai ! » : demandons à Dieu aujourd’hui tout ce que nous voulons mais surtout comme Salomon le vrai trésor : un cœur attentif, intelligent, et sage, un cœur tout donné à Dieu, aux autres et à la réalité de la vie.
Amen
Père René Pichon