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10e dim. du T.O.

Aujourd’hui je retiens surtout cette parole de Paul : « Même si en nous l’homme extérieur s’en va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. »
Faisons-nous le choix de l’homme extérieur au lieu de l’homme intérieur ?
Notre société moderne nous pousse à faire le choix de l’homme extérieur, de l’apparence, du look, de l’image : il faut donner une bonne image de nous, une image de la beauté, de la richesse, de la santé, de la forme, de la réussite sociale. Voilà ceux qu’on admire aujourd’hui et qu’on cherche tous plus ou moins à imiter : ceux qui sont beaux, forts, riches, en forme ! Or tout cela est vite emporté, s’en va vite en ruines avec l’âge, les échecs et bien sûr la mort : tout cela n’est donc que du vent ! Ne soyons donc pas de ces hommes extérieurs qui se confondent avec ces illusions de bonheur de notre monde, construisons, fortifions, renouvelons en nous l’homme intérieur mais comment ?

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Homélie du dimanche 10 juin 2018

10e dimanche du Temps ordinaire

2Co 4.16

Mc 3, 24-26

Gn 3, 9-15

 

           

            Aujourd’hui je retiens surtout cette parole de Paul : « Même si en nous l’homme extérieur s’en va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. »

            Faisons-nous le choix de l’homme extérieur au lieu de l’homme intérieur ?

            Notre société moderne nous pousse à faire le choix de l’homme extérieur, de l’apparence, du look, de l’image : il faut donner une bonne image de nous, une image de la beauté, de la richesse, de la santé, de la forme, de la réussite sociale. Voilà ceux qu’on admire aujourd’hui et qu’on cherche tous plus ou moins à imiter : ceux qui sont beaux, forts, riches, en forme ! Or tout cela est vite emporté, s’en va vite en ruines avec l’âge, les échecs et bien sûr la mort : tout cela n’est donc que du vent ! Ne soyons donc pas de ces hommes extérieurs qui se confondent avec ces illusions de bonheur de notre monde, construisons, fortifions, renouvelons en nous l’homme intérieur mais comment ?

 

·         Renouveler, fortifier, construire l’homme intérieur c’est d’abord prier, se mettre régulièrement face à Dieu, le contempler, l’écouter, l’accueillir, se laisser habiter par la Présence Divine qui nous comble d’une paix et d’une joie profondes que rien ne pourra nous ravir même pas la mort.

 

·         Renouveler, fortifier, construire l’homme intérieur c’est intérioriser tout ce que nous vivons, les joies, les peines, les réussites, les échecs, regarder, goûter l’effet en nous de tous les évènements que nous vivons. Si cet effet est positif on le garde en nous, l’assimile, on s’en nourrit. Si cet effet est négatif, ne le ruminons pas, ne le ressassons pas, laissons-le passer comme le disent les psys, ne nous y arrêtons pas car ça risque de nous détruire, passons à autre chose. À partir des évènements que nous vivons, s’ils nous donnent de la tristesse, de l’amertume, du désespoir, du découragement, on ne fait pas comme si tout allait bien, comme si de rien n’était, on accuse le coup mais on ne se laisse pas assommer, démonter, déstabiliser. Pour fortifier l’homme intérieur en le renouvelant sans cesse, il faut nous arrêter le plus longtemps possible sur les évènements positifs, ceux qui nous dynamisent,  nous encouragent, nous stimulent, nous donnent l’élan de nouveaux projets ou de changements de vie, d’amélioration de notre vie. Goûtons ces évènements positifs, laissons-les résonner en nous le plus longtemps possible, pour qu’ils nous construisent et nous fortifient, nous poussent en avant. D’une manière plus concrète, faisons chaque jour, chaque soir ce travail d’intériorisation en faisant lors de notre prière du soir, un bilan de la journée et en nous arrêtant sur ce qui a été positif, constructif, encourageant, dynamisant : c’est ainsi que l’homme intérieur se renouvellera en nous de jour en jour !

 

·         Renouveler, fortifier, construire l’homme intérieur c’est dans notre monde moderne, notre vie moderne, choisir la transcendance, l’élévation de la vie, plutôt que l’intensité de la vie. Je viens de lire le dernier numéro de la revue « Philosophie » qui dénonce la tentation actuelle, le mode de vie actuel qui consiste à vouloir faire toujours plus, toujours plus vite pour avoir l’impression de vivre vraiment. L’homme moderne connaît, reconnaît en lui un grand vide intérieur qui lui donne l’impression que la vie n’a pas de sens. Pour fuir ce vide il se donne à corps perdu dans la vitesse, il cherche à vivre à cent à l’heure, à faire toujours plus, à battre des records, à réaliser des performances tant sur le plan économique que sur le plan technique ou professionnel ou bien sûr sportif ou artistique. Pour avoir l’impression de vivre on multiplie les expériences de toute sorte, on cherche des sensations fortes, on recherche le plus, le plus vite, le plus intense quitte à se mettre la pression, à subir le stress et même à tomber dans l’épuisement, le burnout et autres maladies du siècle qui nous détruisent, nous font tomber en ruines ! Que faire pour éviter cela ? Quelle autre vie vivre ? La revue « Philosophie » répond en disant : la vraie vie qui comble le cœur humain, ce n’est pas l’intensité de la vie mais l’élévation de la vie, l’élévation intérieure vers la Transcendance, le Haut, autrement dit la vie spirituelle. La question que nous devons nous poser n’est donc pas : « Comment faire toujours plus toujours plus vite pour vivre intensément »  mais « comment m’élever, qu’est-ce qui m’élève dans ce que je fais, qu’est-ce qui me donne un sentiment d’élévation ? Qu’est-ce qui me fait respirer intérieurement et m’ouvre le ciel, m’ouvre sur l’Infini, l’Absolu, la Plénitude, la Transcendance, l’au-delà de moi-même ? » Pour fortifier l’homme intérieur, développons donc en nous la vie intérieure, la vie spirituelle, cultivons les valeurs qui nous élèvent, les activités comme la méditation qui nous ouvrent à la Transcendance, à Dieu pour nous croyants.

 

·         Renouveler, fortifier, construire l’homme intérieur, c’est l’unifier. Or nous sommes tous divisés intérieurement comme l’évoque Jésus dans l’Évangile. Satan, Beelzéboul, le diable, c’est le diviseur, qui divise tout, les hommes entre eux dans le monde bien sûr, mais qui nous divise d’abord nous-mêmes à l’intérieur de nous. Or dit Jésus : « Si un Royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. » Or la division qui nous concerne tous, c’est la division intérieure, le déchirement intérieur que St Paul explique bien en cette phrase célèbre : « Malheureux homme que je suis, je ne fais pas le bien que je voudrais faire et je fais le mal que je ne voudrais pas faire. » Voilà notre grande division interne : division, contradiction même entre la volonté, le désir, et les actes, entre le bien que nous désirons et le mal que nous faisons. Cette division qui nous détruit, nous conduit à la ruine, est même un combat que St Paul appelle le combat de la chair et de l’esprit : « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. Il y a là un affrontement qui nous empêche de faire ce que vous voudriez. » Galates 5 ; 17-18

Pour nous unifier au cœur de cette division intérieure et de cet affrontement intime St Paul nous propose de nous laisser conduire par l’Esprit, par le bien, ce qui nous conduit au bien. Autrement dit quand on est tenté de faire le mal parce que le mal est toujours attirant, séduisant, comme  nous l’a rappelé la première lecture, au lieu de nous laisser déchirer par la tentation, le combat entre le bien et le mal, choisissons toujours le bien ce qui nous semble bien et nous nous sentirons unifiés. L’homme intérieur, c’est l’homme unifié par le bien qu’il désire et qu’il fait au lieu de se laisser diviser par la tentation qui peu à peu le détruit, le conduit vers la ruine.

 

            Prière, méditation, contemplation, intériorisation, élévation, unification, voilà les maître-mots qui nous renouvellent et fortifient en nous l’homme intérieur.

            À nous de faire ce choix et notre vie prendra tout son sens et tout son intérêt. « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme » nous rappelle Jésus. Ne cherchons pas à gagner l’univers, à briller dans notre société de l’image et du visible qui disparaîtra bien vite, faisons grandir en nous l’homme intérieur, Temple de l’Esprit de Dieu et promis à l’éternité. Amen !

 

Père René Pichon